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La douceur de novembre

La douceur du mois de novembre nous fait poser bien des questions sur son influence sur la vie et les cycles de la nature. Plus important que les températures, novembre est avant tout le mois le plus pluvieux de l'année, plus que le plus froid, c'est celui qui souvent rempli les vitales nappes phréatiques notamment si ensuite l'hiver est froid et sec. Nombre d'oiseaux migrateurs sont déjà bien passés dès juillet et n'ont pas été bien entendus touchés par ces températures douces. Par contre les espèces qui sont beaucoup plus influencées par les températures que la durée du jour tarde à descendre après les traditionnels mouvements de fin d'été notamment pour les Sarcelles d'hiver et les Canards souchets.

 Les Canards siffleurs originaires surtout du nord-ouest de la Russie et de la Russie sont encore peu nombreux dans notre région tout comme les fuligules. A l'inverse les effectifs de Canards pilets sont dans la normalité, il faut dire que cette espèce a maintenant une vraie tradition d'hivernage sur notre façade maritime. Avec jusqu'à 2500 oiseaux, la baie de Somme est en effet un des trois grands sites français d'hivernage avec la Camargue et la baie de l'Aiguillon (Vendée) pour ce superbe canard. Des vols d'oies cendrées et quelques petites troupes d'Oies rieuses sont passées sans rush spectaculaire tant sur le littoral qu'à l'intérieur des terres mais on voit que la douceur et les vents d'ouest incitent les oiseaux à rester sur les sites de halte migratoire, voir à hiverner. On voit bien que depuis plus de vingt ans que le pic migratoire de fin octobre se décale de plus en plus vers novembre la deuxième décade de novembre voir plus tard. A l'inverse la remontée se fait de plus en plus précoce. Ces restrictions temporelles risquent-elles de s'amplifier au fil des années, tout comme le nombre d'oiseaux qui survoleront nos territoires. Entre des sites d'hivernage méditerranéens qui se dégradent notamment en Espagne et des sites nordiques plus doux pourquoi bouger pour un oiseau qui a une longue mémoire de la qualité et de la tranquillité des sites qu'il fréquente. Les canards nordiques comme les garrots, harles piettes ou bièvres ne sont eux aussi d'ailleurs pas encore vraiment au rendez-vous, même si cinq Garrots à œil d'or sont déjà visibles au Parc du Marquenterre.

Crédit photo V Caron.

P Caruette 7 nov 2019