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La foulque "macroule" est arrivée.

Décembre, la nature s'installe dans sa longue période d'hivernage. Les activités se réduisent tout comme les jours. C'est le silence qui prédomine, même si la douceur et un rayon de soleil peuvent inciter quelques Mésanges charbonnières, accenteurs où Rouge-gorges à retrouver quelques bribes de chant notamment en ville.

Sur les étangs, il est aisé de remarquer une présence accrue de Foulques macroules. Notre « blairie » est facilement reconnaissable à son plumage sombre et son bec blanc surmonté d'une plaque frontale de couleur identique. Sa masse ronde quasi sans queue, notamment quand elle se nourrit au sol, lui donne des allures de « pintade ». De la famille de la Poule d'eau (les rallidés), elle a pourtant des habitudes bien différentes de sa petite cousine au bec rouge et jaune pour les adultes. Quasi totalement herbivore, la foulque plonge peu longtemps et peu profondément sous l'eau pour exploiter les herbiers de potamots et autres plantes aquatiques ou algues vertes. Au sol, elle se nourrit de graines et graminées diverses souvent en compagnie des Canards siffleurs ou de troupes d'oies sauvages. C'est là que l'on peut remarquer ses grosses pattes gris bleuâtres, trilobées, outil type « couteau suisse » utile pour des déplacements terrestres limités et une nage lente. Ces trois lobes de peau aplatis au sol, prennent la forme d'une rame quand ils sont pliés dans l'eau. Au sol, la peau épaisse étalée joue le rôle de raquette donnant une stabilité à l'oiseau sur un sol meuble. Par contre cela n'est guère pratique pour se déplacer sur la glace, où les oiseaux sont souvent regroupés près du moindre trou d'eau. Les doigts sont munis de puissantes griffes acérées, armes efficaces lors des combats entre les couples, très territoriaux au printemps. Les ailes sont courtes et arrondies, en faisant à premier vue un oiseau plutôt sédentaire et balourd. Pourtant bien des oiseaux nés en Pologne, Allemagne, Finlande, voir même Russie viennent passer l'hiver dans nos régions. Plus de 300.000 Foulques hivernent en France tant nicheurs locaux que migrateurs nordiques, dont environ 25.000 en Picardie. Ces effectifs nationaux hivernants ont quasiment doublé entre 1970 et 2006. Cela semble plus dû à l'augmentation des nicheurs locaux qu'à un apport supplémentaire de migrateurs. En effet avec les changements climatiques, les oiseaux les plus nordiques semblent ne plus atteindre si souvent notre région. Les plus grands rassemblements hivernaux se retrouvent en Camargue, au lac du Bourget et le long des cours du Rhin et du Rhône ou les grandes gravières d'Ile de France. En Picardie elle fréquente aussi bien les lagunes saumâtres du littoral que les grandes ballastières des vallées qui est le site picard le plus important d'hivernage avec parfois lors des débuts de coups de froid jusqu'à 3000 oiseaux.

Crédit photo S. Bouilland

P. Caruette 2 décembre 2019