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Le rat musqué.

A l’orée des forêts et dans les prairies les multiples et minuscules gouttelettes d’eau contenues dans le brouillard vont geler en se déposant sur les branches, poussées par le vent : le givre vient de naître. La glace colonise flaques d’eau et secteurs les moins profonds et les plus exposés du marais. Rien de bien inquiétant pour le Rat musqué bien « enveloppé » dans son épaisse pelisse. Originaire d’Amérique du Nord, il fut introduit pour la première fois en Europe en 1905 en ex Tchécoslovaquie. Dès 1928, les élevages fleurissent en France (notamment dans la Somme) pour la peau. Des individus s’échappent dans la nature, d’autres sont relâchés…et finiront par coloniser toute l’Europe. A l’inverse du Ragondin (sud-américain) le Rat musqué par son origine nordique résiste parfaitement bien au froid. Selon les milieux, il creuse des terriers le long des berges ou édifie des huttes flottantes à partir de végétaux aquatiques. Une fois les matériaux empilés le rat musqué va creuser une galerie submergée qui aboutira à une chambre bien au sec. Cette construction lui permet un accès direct à l'eau et aux plantes aquatiques même quand l'étang est gelé.  Prolifiques (jusqu’à 3 mises bas par an de 5 à 9 petits), ces densités peuvent atteindre jusqu’à 30 familles à l’hectare. Il est totalement végétarien même s'il ne dédaigne pas de manger des moules d'eau douce, des cadavres de poissons ou des écrevisses. On pointe là le risque des introductions qui provoquent des perturbations plus ou moins immédiates des écosystèmes. Et si l’espèce introduite ne s’adapte pas au milieu elle disparaît.

P Carruette 24 janvier 2022 Crédit photo Ritae