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Les belles journées ensoleillées!

Les belles journées ensoleillées de ce début d'été ont été vraiment bien mises à profit par tous, hommes comme bêtes comme un soulagement après de longues semaines dans un nid, un terrier ou ...un appartement... !  JUILLET est en effet le mois de du renouveau et de de la jeunesse. Après des jours ou des mois de sollicitude et de dévouement des parents les jeunes oisillons et poussins de toutes plumes (neuves !) prennent leur envol. Certes, il y a toujours des « Tanguy » comme les jeunes spatules qui traînent au nid mais tous ont généralement une forte volonté d'indépendance. Sur la héronnière, des jeunes spatules n’ont encore que quelques jours, probablement de jeunes couples de 3 ou 4 ans qui ont niché tard du fait des conditions atmosphériques. Mais nombre de jeunes spatules sont bien volants, et ont rejoints les adultes sur les vastes plans d'eau avant chaque soir de partir avec eux se nourrir sur les chenaux de la baie de Somme ou d'Authie. Chez les grands échassiers à l’inverse des autres espèces il n’y a généralement pas de couvées de remplacement quand une couvée ou une nichée est détruite. IL faudra attendre l’année prochaine pour une nouvelle nidification. Pour les petits échassiers nichant en Europe du nord comme les bécasseaux, chevaliers ou autre bécassines les parents les ont souvent laissés se débrouiller seuls avant même qu'ils ne sachent voler. Peu importe ; les zones où ils évoluent sont immenses, tourbières, bas marais instables et sécurisants où la nourriture en invertébrés est à profusion sur une période très courte de l’année. Les faibles densités de couples nicheurs sur d'immenses espaces limitent les effets de la prédation. Les jours sont longs où le soleil ne se couche pratiquement pas, voilà l’explication majeure d’aller nicher si au nord. La période faste est courte mais si intense en ressources qu’il ne faut pas la manquer même au prix d’un très long voyage migratoire. Des mammifères aussi énormes que les baleines à fanons font de même en été pour exploiter les sources immenses de krill (plancton animal) avant de migrer vers des mers plus chaudes pour mettre bas.

 Pour la majorité des passereaux des jardins comme les mésanges, grives ou fauvettes à tête noire les parents les accompagnent dans la découverte du monde durant une quinzaine de jours. D'autres auront bien plus de chance comme les Sternes caugeks dont les juvéniles (les ados !) se font nourrir en vol de poissons durant leur migration jusqu'au large du golfe de Guinée ! Certaines atteindront dans ce périple les côtes namibiennes. Les voyages forment la jeunesse certes... mais elle doit souvent aussi être totalement formée par les parents ! L'apprentissage est capital pour les jeunes oiseaux qu'ils soient personnels par l'expérience acquise ou par copiage auprès des adultes. Les bien grandes jeunes spatules au comique bec rose, court et aplati, profitent ainsi des regroupements familiaux pour harceler leurs parents (et les autres adultes) avec force de hochements de tête et de gazouillis stridents pour quémander leur pitance. Et les parents après maints refus, de guère lasse finissent par céder et donner la becquée !  Toute ressemblance avec des parents fortement connus est vraiment totalement fortuite ! Malgré un printemps venteux de 75 couples ont niché sur le parc du Marquenterre. N’oublions pas que le grand échassier reste rare avec 18.000 couples en Europe et 1000 couples en France. Quelques couples nichent maintenant dans le Pas de Calais, mais le bastion de l’espèce en période de reproduction reste la Loire Atlantique (Lac de Grand Lieu, vallée de l’Erdre, Brière…) et la Camargue mais à l’inverse du parc du Marquenterre ces colonies ne sont pas équipées de postes d’observation pour être visibles du public.

 Chez les Tadornes de Belon, le choix d'élevage des petits est dans l'invention de la crèche. Quelques adultes dominants peuvent s'occuper de dizaines voire centaines de poussins au cœur de la baie de Somme alors que la majorité des adultes vont partir muer en Mer des Wadden en Allemagne du Nord.  Se sont ainsi plus de 150.000 tadornes qui vont se retrouver sur ces immenses vasières entre îles et continent. Inaccessibles aux prédateurs terrestres, les canards marins vont pouvoir perdre la totalité des grandes plumes des ailes en toute sécurité, le temps des quelques semaines de mue. La nourriture est abondante en été sur ces zones hyper riches en matière organique à condition que le temps soit clément. Même en cette période estivale, tempêtes, froid, peuvent provoquer une surmortalité sur ces oiseaux affaiblis par une mue gros consommatrice énergétique. Quant aux Poules d'eau elles entreprennent leur troisième couvée, laissant aux jeunes de la première couvée le soin de s'occuper avec le mâle des petits de la deuxième couvée. Mère poule certes...mais surtout mère Poule d'eau... au sein d'une entreprise familiale bien rodée. Pour les jeunes Chouettes hulottes c'est le dur apprentissage de la chasse avec et sur le territoire des parents durant les trois mois d'été. Long apprentissage qui devra être parfaitement acquis avant l'hiver où les adultes leur feront comprendre de manière persuasive qu'ils devront trouver à leur tour leur propre lieu de vie d'adulte.

En juillet les ornithologues même sans charge de famille ont aussi bien du travail : baguage des derniers poussins de Cigognes ou des poussins des colonies de Mouettes mélanocéphales, baguage au filet des passereaux en migration dès la fin juillet dans les multiples zones marécageuses de nos vallées...

P Caruette 30 juin 2020 Crédit photo S Bouilland