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L'hiver arrive

Alternances de rares jours de gel et de coups de vents avec dépressions alors que l'hiver, du moins celui des dates humaines, n'est pas encore inscrit, cela semble maintenant la destinée de décembre qui devient un mois doux et pluvieux. Si la migration est achevée, elle s'est terminée par de belles arrivées de Pigeons ramiers à l'intérieur des terres et de Bécasses des bois. N'oublions pas que pour un oiseau -5 degrés avec de nombreuses zones dégelées n'est aucunement handicapant. On peut expliquer ces éléments d'éthologie par le fait d'oiseaux venant de zones, notamment à l'est d'Europe, plus touchées par des températures plus basses et persistantes.  Seuls des oiseaux arrivés déjà affaiblis, ne connaissant pas leur nouveau site d'hivernage, peuvent se retrouver en difficulté temporaire. Mais ce peut être aussi de jeunes oiseaux locaux, qui ne l'oublions pas, n'ont pas connu depuis deux ans de véritables journées de gelées. Tous les êtres vivants acquièrent de la connaissance par l'expérience de situations vécues bien au-delà même de l'instinct. Il est intéressant de voir comment de jeunes canards peuvent se poser sur la glace qu'ils ne connaissent pas, surpris de voir que l'eau de leur étang...est devenu solide. Des limicoles vont taper aussi sur cette glace nouvelle, ou manipuler la neige élément nouveau dans l'environnement et inconnu pour certaines générations. Et ensuite tout est, bien entendu, mémorisé à vie comme un acquis de l'expérience.

Les derniers oiseaux arrivés en hivernage sont les Harles piettes. Ce petit canard (650 grammes) plongeur a la particularité d'avoir de petites « dents » au niveau du bec lui permettant en plongée permanente de se nourrir de petits poissons ou crustacés. Ils nous arrivent de l'extrême nord de la Scandinavie et de Russie. Ils sont un peu le mythe de l'oiseau du nord n'arrivant que lors des coups de froid. Les mâles de Harle piette sont superbes avec leur plumage blanc pur à méticuleux liserés noirs comme inscrits à l'encre de chine. Hélas ils sont plus casaniers que les femelles ou les juvéniles et préfèrent tout de même stationner plus au nord de l'Europe (Baltique). Comme c'est souvent le cas pour les canards nordiques plongeurs, ces oiseaux nichent dans la taïga dans les trous des arbres morts. L'hivernage du Harle piette reste modeste en France avec 200 à 400 individus surtout dans la partie nord du pays sur une cinquantaine de sites (grands lacs champenois et lorrains, cours du Rhin...). De par son vol rapide, et son aspect sombre pour les femelles cette espèce peut être confondue en vol, mais comme tous les Harles elle est strictement protégée.

Dans les jardins et les marais boisés, la Mésange bleue est toujours omniprésente après la remarquable irruption de cet automne avec des oiseaux en provenance du nord-est de l'Europe. Dans les mangeoires à tournesol si vous en observer quelques-unes, pensez qu'en réalité ce sont toujours des oiseaux différents totalisant plusieurs dizaines d'individus dont la majorité ne restent que quelques jours...ou quelques heures. Ce sont surtout les oiseaux locaux qui resteront tout l'hiver sur le lieu, véritables « piliers de mangeoire ».

Crédit photo S Bouilland

P Caruette  14 décembre 2019