Actualités

Un couple de grèbe huppé.

En avril, il n'est pas un étang de Picardie qui n'accueille au moins un couple de Grèbe huppé. C'est certainement un de nos oiseaux aquatiques les plus élégants et facile à observer. Le plus fascinant à cette époque est sa collerette de plumes rousses bordée de noir rehaussée d'une huppe. Il semble tout droit sorti d'une cour royale de courtisans...Début mai la plupart sont en fin de couvaison bien installés sur leur nid véritable radeau flottant constitué d'un amas d'algues et de débris de végétaux aquatiques accroché au fond ou à des branches de saules des bords de berge. Mâle et femelle se partagent l'incubation avec une part prédominante pour cette dernière. Lorsque le couveur quitte le nid il prend toujours bien soin de recouvrir les œufs d'algues mettant ainsi son précieux contenu à l'abri des yeux perçants de la Corneille noire. Régulièrement la plateforme est rechargée en matériaux notamment lors des forts vents favorisant le clapot. De plus avec la décomposition des végétaux le nid à tendance à s'affaisser. Quatre semaines plus tard apparaissent les petits grèbes. Ils ont fière allure avec leur duvet rayé comme un pyjama. Pendant deux semaines même s'ils savent bien nager, ils passent la majeure partie de leur temps sur le dos des adultes bien « amarrés » sous les ailes. Un adulte se voit alors chargé de plonger et de ravitailler au « lit » les petits qui se nourrissent d'abord d'insectes et de très petits poissons. Depuis 1970, dans notre région, le Grèbe huppé a bien profité de son statut d'espèce protégée et de la multiplication des gravières et ballastières sur quasiment toutes nos vallées. Néanmoins, dans les lieux les moins riches en nourriture la productivité en jeunes reste souvent faible, avec une nidification tardive.

P Carrruette  13 avril 2022 crédit photo Kathy Buscher