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Une mangeoire à passereaux

Les premières vraies gelées sont une bonne occasion d’offrir une mangeoire à passereaux.

Choisissez-la  (ou mieux, construisez-la !) toujours avec un toit qui protège la nourriture des intempéries. Disposez-la sur un piquet au centre du jardin près d’arbres mais aussi bien visible de votre fenêtre ou de séjour comme une « télévision naturelle » au programme jamais démodé !  Question approvisionnement, faites simple, très simple. Les graines de tournesol conviennent à tous : verdiers, pinsons, mésanges, sitelles. La scène est disposée, vous n’avez plus qu’à vous mettre dans votre fauteuil  et le film peut commencer.

Au bout de quelques heures de repérage, le petit peuple des passereaux va vite virevolter. Les mésanges charbonnières sont souvent les plus nombreuses. Chaque arrivée sur le poste de nourrissage déclenche un gonflement des plumes, ailes et queue écartées, pour défendre sa place à table ! Remarquez que chez cette espèce le mâle a une large cravate noire au milieu du ventre jaune, la cravate est plus fine et ne descend pas jusqu’au bas ventre chez la femelle. Les  mésanges bleues, au plumage identique chez les deux sexes (les mâles adultes sont d’un bleu cobalt plus soutenu), sont encore plus actives. Il est agréable de les voir coincer une graine de tournesol entre les  doigts pour la décortiquer. Des morceaux de gras de bœuf crus et surtout jamais salés (les aliments salés sont dangereux et ne sont pas assimilables par les oiseaux sauvages) ou des boules de graisse permettront d’autres acrobaties au peuple des mésanges. Des conifères à proximité sont appréciés des mésanges noires. Plus discrètes et plutôt vraiment sédentaires, les mésanges huppées et nonettes fréquentent la mangeoire par couple.  Mais attention, si vous comptez cinq ou dix mésanges ensemble,  vous en avez réellement au moins trois fois plus notamment sur le littoral lieu de passage migratoire. Si certains oiseaux vont rester tout l’hiver, véritables « piliers de mangeoire » d’autres ne vont stationner qu’une matinée pour repartir vers d’autres lieux au gré des ressources alimentaires…. Pommes pourries ou poires flétries déposées au sol feront naître querelles et postures d’intimidation chez les merles noirs et grives musiciennes, vite départagées peu équitablement par les voraces étourneaux au « savoir vivre » disons... plus limité !

La mangeoire est aussi un véritable laboratoire comportemental à ciel ouvert (l’éthologie animale). Ainsi un verdier qui prend position sur la mangeoire a tendance à ne céder sa place à personne tant qu’il n’est pas rassasié ou expulsé par un plus affamé que lui ! Des cris d’alerte courts et perçants, un silence et un vide total, l’épervier vient de passer une boule de plumes encore chaude dans les serres. Un de vos « convives » sera définitivement absent. C’est l’équilibre « proie / prédateur » qui s’exprime d’autant mieux qu’il y a des rassemblements très visibles et réguliers de proies potentielles.  

Une mangeoire peut facilement accueillir entre novembre et mars une trentaine d’espèces différentes. Des observations inattendues peuvent avoir lieu comme un pic épeiche suspendu aux cacahuètes fraîches avec la coque que vous avez pris soin d’enfiler patiemment en guirlande à un fil de fer. Une fauvette à tête noire peut être candidate à hiverner, le mâle avec sa calotte noire, la femelle avec sa calotte marron. Ce sera sans nul doute l’occasion d’observer des espèces plus rares comme le moineau friquet en totale perte d’effectifs dans nos régions. Une mangeoire est d’autant plus attractive que votre jardin est riche en buissons, haies et arbres fruitiers. Ne remplissez votre mangeoire que de novembre à février et pensez à désinfecter de temps en temps le plateau à l’eau de Javel pour éviter les risques d’infections.