Les Grands cormorans ont retrouvé leurs colonies de nidification dans les arbres. C’est un des premiers oiseaux à nicher. Les adultes en période de reproduction se reconnaissent à la tache blanche sur les cuisses. Elégant et efficace moyen de ne pas perdre de temps à localiser les individus qui ont atteint leur maturité sexuelle à 3 ans et plus. Durant ces parades nuptiales hivernales les oiseaux exhibent finalement…leurs fesses. Toute ressemblance avec d’autres protagonistes à la même saison ou à d’autres est vraiment…fortuite ! Les couples s’installent à toute hauteur et sur les grandes colonies comme au Romelaëre près de Saint Omer des nids peut être même édifiés sur des grosses aubépines. Avec le temps, les fientes riches en ammoniaque finissent par faire mourir les arbres. Si aujourd’hui les effectifs sont abondants (bien que beaucoup plus en hivernage qu’en reproduction) moins de 100 couples nichaient en France avant la seconde guerre mondiale.
A l’inverse des hérons, de nouveaux nids sont très souvent construits chaque année, gros tas de brindilles et de végétaux très instables. Trois ou quatre œufs sont couvés pendant trois semaines et demi surtout par la femelle. Les jeunes totalement nidicoles s’envolent au bout de 50 jours. Les deux dernières semaines, ils sont particulièrement sensibles au dérangement les poussant à se jeter à l’eau alors qu’ils sont encore totalement dépendants des adultes. Tempête et pluies violentes provoquent souvent de la « casse » dans les colonies au pied desquelles flottent souvent de nombreux jeunes ayant effectués une chute mortelle. Mais les adultes essaient de préserver au maximum leurs jeunes lors de ces coups de vent et il n’est pas rare malgré la fragilité des nids de voir les deux adultes en équilibre précaire être le plus proche possible de leurs gros poussins pour les protéger.
P Carruette 22 février 2026 Crédit photo Bishnu Sarangi