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L »engoulevent

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En soirée, dans le vaste massif dunaire du Marquenterre ou dans les landes forestières de l’Oise ou de l’Aisne, l’engoulevent entame son chant nuptial. Assis au pied d’un arbre, dans une clairière, le concert peut commencer. L’engoulevent est un oiseau nocturne vraiment bien étrange. Gros comme une tourterelle, il possède une longue queue et des ailes pointues totalement en vocation avec le vol. Son plumage brun gris comme une écorce est très mimétique en forêt et adapté à sa nidification au sol. Son nom viendrait d’un terme du 16ème siècle « engouler » (avaler). L’oiseau vole avec rapidité à la manière d’un martinet géant ouvrant largement le bec comme pour « aspirer le vent » ou plutôt y capturer les papillons nocturnes, hannetons et autres insectes de la nuit. Du fait de son comportement, de nombreuses légendes anciennes lui collent… aux plumes ! On croyait ainsi que le vent qui s’engouffre dans son bec produisait le ronflement du chant nuptial. A vrai dire c’est un véritable son émis par l’oiseau faisant penser au moteur de nos anciens solex ! Les mâles aux taches blanches sur la queue très visibles au crépuscule font aussi claquer leurs ailes à la manière du vol nuptial du pigeon ramier. On croyait même dans le Sud que l’engoulevent profitait de la nuit pour aller traire les chèvres ! Il est vrai que ces troupeaux en milieu ouvert de landes et de friches attirent ou fréquentent les mêmes milieux que les proies de l’oiseau des airs. Légendes populaires fantasques mais toujours sur des fondements d’observation pragmatiques de terrain (ce qui est l’essentiel !) même si parfois ils sont scientifiquement moins bien interprétés.

P Carruette 2 juillet 2021 crédit Public Domaine image