Les peintres impressionnistes considéraient mai comme le mois des fleurs. Muguet, narcisses dans les hêtraies, délicat myosotis, ombellifères multiples font pardonner les nombreux jours de grisaille. Mais revenons à notre Coucou gris de la dernière édition, l’oiseau et non pas la primevère ! Après un accouplement furtif un ou plusieurs mâles, la femelle coucou surveille les allées et venues des passereaux nicheurs. Dès qu’un nid est découvert avec une ponte récente, les choses sérieuses commencent. Le Coucou gris par son vol et aspect de petit rapace déclenche la fuite des parents, un rouge gorge ou un accenteur par exemple. La femelle coucou en profite rapidement pour gober un œuf dans le nid et y pondre un des siens de petite taille (par rapport à la pondeuse !) et de couleur assez analogue au propriétaire légitime du nid. Malgré la taille du coucou, l’éclosion est ultra rapide au bout de 12 jours, deux jours d’avance sur les autres œufs ! Dès sa naissance le poussin, adoptif et squatter, est aussi « sans gêne » que sa mère « indigne » qui ne sait pas couver. Nu, d’un aspect plutôt larvaire, il est allergique au contact de tout objet sur sa peau pendant deux ou trois jours. S’arc-boutant sur les bords du nid cela l’oblige à expulser un à un tout élément à l’intérieur du nid que ce soit œufs, autres poussins ou un caillou que vous auriez disposé expérimentalement dans le nid. Il arrive parfois que deux femelles pondent dans le même nid de passereau. Ce sera un combat alors de nouveaux nés adoptifs, le plus fort balancera aussi son concurrent d’un jour. Point de cruauté ou de réflexion dans ce comportement inné juste une question de survie future. Resté seul dans le nid, le jeune coucou va bénéficier de toute la nourriture de ces petits parents adoptifs bien malgré eux. Durant les trois premiers jours de sa vie, peau du jeune coucou est recouverte de récepteurs sensoriels très sensibles qui rendent tout contact avec d’autres corps insupportables donnant cette force extraordinaire pour tout éjecter hors du nid. Il est ainsi nourri pendant 40 à 45 jours (dont seulement une vingtaine de jours dans un nid devenu vite trop étroit !) de manière intensive. C’est en quittant ce « mini nid » que l’énorme poussin non volant mais très bruyant, est le plus vulnérable. Chat, geais, Epervier ou renard auront vite fait de comprendre. Sur 15 à 20 œufs pondus par une femelle de coucou seuls 2 ou 3 donneront un coucou adulte qui va connaître les terres ancestrales africaines de ces ancêtres. Si le plumage du Coucou gris est bien gris, certains oiseaux, uniquement des femelles, peuvent être roux.
P Carruette 17 mai 2024 Crédit photo Kev