Les derniers migrateurs de retour

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Les derniers migrateurs sont de retour avec le Gobemouche gris, la Bondrée apivore et l’Engoulevent. Toutes ces espèces ont maintenant atteint l’Europe. Avec le retard des invertébrés nul doute que les arrivants tardifs ne peuvent qu’être privilégiés avec le retour de la chaleur seulement à partir du 8 mai dans notre région. Le Gobemouche gris qui niche souvent dans les jardins arborés même en pleine ville peut nous revenir d’Afrique du Sud. Imaginer que ce petit passereau gris à la tête globuleuse toujours dressée a côtoyé les éléphants m’a toujours fait rêver ! Comme son nom l’indique il capture les insectes volants (papillons, moucherons…) depuis un perchoir habituel.  Des scientifiques néerlandais ont étudié entre 1987 et 2003 l’évolution du Gobemouche noir, un passereau européen qui niche dans les grandes forêts du sud de l’Oise et de l’Aisne. Les changements climatiques ony avancé (sauf cette année !!!) la période où les chenilles sont très abondantes mais les Gobemouche noirs ont à peine modifié leur date de retour d’Afrique équatoriale. Résultat, il s’installe un décale entre l’optimum de présence de proies et la date d’arrivée des poussins qui voient leur taux de survie baisser. 90% de cette population locale hollandaise a ainsi disparu lorsque le pic de nourriture s’est retrouvé avancé. La proportion n’est que de 10% lorsque le printemps est plus tardif. Les premiers éléments de suivi par le baguage montrent que cette année froide se sont les espèces arrivant de migration le plus tôt comme les Pouillots véloces ou fitis ou le Phragmite des joncs qui sont les plus défavorisés en leur reproduction. C’est vraiment la disponibilité en nourriture sur les sites de nidification dès l’arrivée des migrateurs qui va garantir la densité des couples nicheurs et le succès de la reproduction.

P Carruette 18 mai 2024  Crédit photo Jürgen