Le cygne de Bewick

Partager

Le Cygne de Bewick originaire de Sibérie arctique est devenu rare en Picardie. Avec les changements climatiques, ces oiseaux hivernent de plus en plus au nord de l’Europe et descendent de moins en moins vers la France. Depuis la vague de froid de 2013, le Cygne de Bewick a retrouvé une véritable tradition d’hivernage sur le parc du Marquenterre. En 2013 jusqu’à 19 oiseaux avaient été observés, un record historique pour la Picardie ! En 2014 un couple revient avec ses deux juvéniles, en 2015 se sont 6 adultes et 2 immatures qui sont présents en hivernage, et pour l’hiver 2016/2017 un groupe de 6 avec un seul immature. Un couple d’adulte, probablement le même (le mâle est identifiable aux taches caractéristiques sur le bec) est présent maintenant chaque hiver depuis 2019. Hélas il n’est pas accompagné de juvéniles.

C’est le 20 novembre 2024, date précoce, que revient de nouveau un couple sur le Parc. Les légères taches noires sur le haut du bec du mâle laissent à penser que c’est le même individu depuis 2019, la femelle est plus difficile à différencier par photo.

A peine 400 individus de ce joli petit cygne de Sibérie arctique au bec jaune hivernent en France (Camargue, étangs champenois et lorrains) sur 21.000 en Europe de l’Ouest. Cette population européenne est plutôt en déclin avec un report de l’hivernage vers des sites plus orientaux (mer Caspienne et Méditerranée). On ne sait pas s’ils sont venus en terres picardes « en rennes » mais c’est toujours un beau cadeau de fin d’année. Avec les Harles piettes originaires de Norvège ou de la Baltique, le Parc du Marquenterre, même sans la neige et les gelées, prend des « airs de Grand Nord » …

Mais au fait qui était Bewick ? Thomas Bewick (1753-1828) est un ornithologue britannique passionné de dessins (quand il est enfant il fabrique de l’encre avec du jus de mûres et dessine les animaux de la ferme familiale !). En 1790 il publie sa première grande œuvre en plusieurs volumes : l’histoire des oiseaux d’Angleterre avec de superbes gravures. A son époque, le Cygne chanteur et le Cygne de Bewick étaient identifiés sous le même nom de Cygne sauvage. Un taxidermiste de Newcastle, Richard Wingate, va décrire en 1829 une nouvelle espèce de cygne sans lui attribuer de nom. Le célèbre ornithologues anglais William Yarrell et Wingate vont le nommer Cygne de Bewick en mémoire de Thomas Bewick. L’ornithologue et peintre français Jean Jacques Audubon lui a aussi dédié un Troglodyte américain.

P Carruette 20 décembre 2024 Crédit photo Zhu Bing