Vivre en groupe

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Plusieurs espèces de mésanges se réunissent pour former des troupes, véritables « rondes » qui circulent rapidement d’un habitat à l’autre. S’y joignent souvent des grimpereaux, sitelles, roitelets ou autres pouillots. La recherche en groupe permet de mieux découvrir les sources potentielles de nourriture grâce à la multiplicité des becs et des yeux. De plus, ces espèces n’entrent pas directement en concurrence. Le pouillot véloce et le roitelet huppé vont chercher le moindre arthropode à l’extrémité d’un roseau ou d’un rameau avec leur poids plume. La « grosse » mésange charbonnière explore les branches plus solides.

Il est aussi probable que cette temporaire communauté hivernale permet de mieux résister à la prédation, notamment celle très efficace des éperviers, qui viennent hiverner chez nous depuis l’Europe du nord. Les mésanges à longue queue, elles, ont choisi d’hiverner en groupe et de rester en famille voire en groupes familiaux pouvant atteindre une vingtaine à près de cinquante individus. Elles se déplacent rapidement, gardant le contact permanent entre elles par de petits cris roulés. Elles circulent en hiver dans un rayon de quelques kilomètres sur des parcours bien définis et mémorisés.

La nourriture même en hiver est animale avec divers arthropodes, larves et œufs d’insectes. Ces charmants petits oiseaux fréquentent de temps en temps les mangeoires qui sont sur leur trajet mais rechignent à se poser au sol. Elles dorment ensemble bien serrées, alignées sur une branche, véritables guirlandes noires et blanches d’où ne dépassent que les longues queues comme autant d’aiguilles à tricoter sur une pelote de… plumes. Ce sera à partir de la fin février que ces groupes hivernaux vont se fractionner en couples. Certains ne nicheront pas mais aideront un autre couple à charge de famille à élever ses jeunes. Tout est fait dans la solidarité chez la mésange à longue queue.

Ph. Carruette – 2 février 2025 © Sharkolot