Des journées calmes où pointent quelques instants de lumière solaire incitent aux parades nuptiales.
Sur le littoral, les tadornes de Belon en couple ou en groupe entonnent leurs « tjou tjou tjou » en balançant la tête. Les mâles mettent en valeur leur bec rouge surmonté d’un volumineux caroncule constituée de sang et de graisse. Les mâles (et parfois même les femelles) se battent assez fréquemment. Ils tentent de saisir les plumes supérieures du dos de l’adversaire au moyen de leur bec et de lui donner de grandes « claques » avec les ailes à la manière des oies. Ces combats sont parfois violents et finissent pour certains avec quelques hématomes !
L’enjeu est important. Les couples sont généralement formés pour la vie. La constitution d’un couple stable est la garantie d’une place haute dans la hiérarchie ! La quasi disparition des terriers de lapin de garenne dans les dunes dans lesquels ils nichent, la baisse des ressources alimentaires dans les vasières littorales font diminuer les effectifs nicheurs de cette espèce protégée en baie de Somme. Des couples peuvent nicher à l’intérieur des terres dans les bassins de décantation, les terres agricoles inondées ou certaines ballastières.
Mais au fait, qui était Belon ? Tout d’abord rien à voir avec la belle rivière bretonne ou les huîtres qui y sont liées ! Pierre Belon (1517-1565) était un pharmacien sarthois. Il publia en 1555 « l’Histoire de la Nature des Oiseaux avec leur description et naïfs portraits » où il décrit le tadorne européen.
Ph. Carruette – 13 février 2025 © S. Bouilland