Le départ des non nicheurs intervient de la mi-juin à juillet. De petites troupes de 10 à 100 oiseaux quittent les estuaires picards surtout le soit, prenant rapidement de la hauteur et adoptent la formation type de migration en ligne ou en V pour filer plein nord d’un vol soutenu (70 km/heure). Les nicheurs ne suivent qu’à la fin juillet début août. En septembre, il ne reste que les juvéniles sur les sites de nidification et quelques adultes avec des poussins tardifs qui vont muer sur place. Tous les oiseaux d’Europe de l’ouest vont muer en Allemagne du nord même ceux de Camargue à 1200 km de là ce qui représente plus de 200.000 individus ! Le sol sombre des vasières se tapisse de plumes blanches telle un enneigement estival ! Aussi longtemps que les oiseaux arrivent quelque peu à voler ils fréquentent les prés salés. Dès qu’ils ont totalement perdu les plumes des ailes ils se laissent aller avec la marée descendante jusqu’aux slikkes les plus éloignées du continent. La base de la nourriture y sera constituée d’hydrobies et de jeunes coques même si ces zones quasi toujours soumises au flot sont peu riches. Mais la sécurité prime, le renard ne peut y accéder et le moindre humain parfois à trois kilomètres provoque le déplacement à pattes de ces volatiles devenus aptères.
P Carruette 23 juillet 2025 Crédit photo S Bouilland