Dans certaines héronnières notamment sur le littoral, le Héron garde-bœuf finit de s’occuper de sa deuxième couvée. C’est le seul héron au monde qui peut se targuer de nicher deux fois dans l’année.
A l’origine africain, il est arrivé en France naturellement en 1957. Il a niché pour la première fois en Camargue en 1969 avec l’expansion de la population ibérique. A la grande surprise des naturalistes locaux, il a niché au Parc du Marquenterre dès 1992. C’était, à l’époque, le site le plus nordique au monde pour l’espèce. Aujourd’hui, l’extension nordique continue vers les Pays-Bas, l’Allemagne du nord voire le Danemark ! Des oiseaux sont observés dans l’Aisne, dans l’Oise (où ils doivent nicher) avec les premières nidifications à l’intérieur des terres dans la Somme. Il vit sur les collines de la Loire au milieu des vaches charolaises. On le trouve aussi dans des champs agricoles sans élevage de l’Eure près de Dreux. Il semble s’adapter partout.
Le réchauffement climatique lui est favorable, mais il n’est pas l’abri d’une forte vague de froid hivernal qui pourrait fortement réduire sa population. La baisse drastique des zones d’élevage extensif en prairies pourrait néanmoins aussi mettre un sérieux frein à la croissance et à la densité de sa population. Ce petit héron blanc apprécie en effet de suivre vaches et chevaux pour capturer insectes, rongeurs, batraciens qui sont dérangés par les déplacements du bétail.
Ph. Carruette – 7 août 2025 – © S. Bouilland