Juin correspond à la pleine période des naissances. Mais l’élevage et l’émancipation des jeunes dans le règne animal sont liés à de nombreux risques malgré la protection dévouée des parents. De nombreux jeunes passereaux quittent leur nid au début d’un vol incertain. Merles et grives sont les plus vulnérables sortant du nid sans savoir vraiment totalement voler mais le nid devient vite trop petit pour ces quatre ou cinq gros poussins très voyants. Il faut donc vite se séparer pour limiter les risques. Leurs cris d’appels pour attirer l’attention des parents sont vite entendus et compris des prédateurs que se soit les pies, corneilles noires, mustélidés ou rapaces…ou le chat domestique. Le camouflage et l’immobilisme sont souvent employés. Les poussins de gravelots ou d’avocettes ont la couleur du sable et des graviers. Le faon de chevreuil dans son pelage de « bambi » se fond dans les ombres et lumières du sous-bois forestier. D’autres ont la chance de voyager sur le dos des parents les premiers jours comme les poussins de grèbes ou de cygne. Il y a même des légendes devenues réalités scientifiques avec la Bécasse des bois. Elle peut véritablement transporter en vol un poussin entre son ventre et ses pattes pour le sauvegarder du prédateur imminent. Elle peut ainsi déplacer ainsi tout ou partie de sa nichée. D’autres poussins bénéficient du courage des parents comme la Poule d’eau qui n’hésite pas à foncer sur un héron qui peut avoir repéré une de ces petites « peluches » noires que sont les poussins. D’autres oiseaux adultes comme chez les limicoles, les Perdrix ou les canards font semblant d’être blessés, traînant une aile pour attirer l’attention du prédateur dans leur direction. Pendant ce temps les pulli peuvent avoir le temps de s’immobiliser ou de se dissimuler dans la végétation. Ce comportement n’est pas totalement inné et n’est en fait pas pratiqué chez tous les individus. Il peut même être effectué devant un humain qui s’approche trop près de la nichée notamment le long de la laisse de mer dans le cas des gravelots. Mieux vaut alors aussitôt s’éloigner tout comme au milieu d’une pâture lorsque les Vanneaux huppés vous tournent au-dessus de la tête avec des cris lancinants. On sait que dans un habitat appauvri ou de surface trop faible (comme les réserves « mouchoirs de poche » de quelques dizaines d’hectares) la prédation est d’autant plus efficace et concentrée. Les colonies d’oiseaux marais ou de marais sont de véritables garde-manger mémorisés par les prédateurs ailés ou terrestres qui nagent tous parfaitement. Malgré le nombre et les simulacres d’attaques des adultes, les colonies de Mouettes rieuses voient rarement plus de 50% des jeunes prendre leur envol. Goélands, renards, sangliers prennent l’habitude de fréquenter régulièrement cette ressource certes temporaire mais abondante et vulnérable. Reste aux colonies à trouver soit des lieux hyper sécurisants soit à changer de lieux chaque année pour éviter la mémorisation par les prédateurs.
P Carruette 2 juin 2026 Credit photo S Bouilland