Effervescence dans les héronnières

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En juin, les héronnières au sommet des grands arbres sont en pleine effervescence. Tous les stades de croissance sont présents chez les poussins de Hérons cendrés. Nombreux sont ceux qui volants sont déjà des juvéniles alors que d’autres âgés de trois semaines ont encore 5 semaines à attendre. Ces juvéniles reviennent encore au nid une dizaine de jours dans l’espoir d’être encore nourris par les adultes. Certains petits malins essayent même de se poser dans les nids de poussins plus jeunes pour profiter du repas régurgité par les deux adultes. Les hérons sont généralement fidèles à leur colonie mais moins à leur nid et à leur partenaire. Les mâles âgés s’installent les premiers parfois dès fin janvier dans notre région (surtout en ville) et choisissent les meilleurs nids vacants (les plus volumineux et au centre de la colonie). En juin les adultes vont et viennent dans un concert de cris gutturaux. Il faut nourrir des jeunes toujours affamés. Le poussin pèse 30 à 40 grammes à la naissance. A raison d’une ration de 150 à 300 grammes de nourriture par jour suivant l’âge il aura atteint 50 jours plus tard le poids de 1,700 kg. C’est là que l’on comprend que les adultes nicheurs sont obligés d’aller souvent à plus de 15 km autour de la colonie pour chercher leur pitance variée. Au delà, la dépense d’énergie devient trop importante même si des oiseaux ont été vus à près de 40 km de leur nid pour glaner des proies. Il n’est pas étonnant que certaines années de « poissons ou rongeurs » maigres des jeunes meurent de faim ou sont noyés par une pluie d’orage. Dès qu’un adulte arrive pour nourrir c’est aussitôt la ruée, l’orgie et finalement la bagarre pour les jeunes. Ils saisissent violemment le bec de l’adulte pour l’obliger à régurgiter le contenu de son estomac à peine prédigéré. En un instant tout est englouti. C’est là qu’un des jeunes peut lors de « règlements de compte » se retrouver éjecter hors du nid. Pour lui c’est la fin. Seuls les jeunes dans le nid sont nourris. On comprend que le dessous des héronnières soit régulièrement fréquenté par les renards et les sangliers. Un véritable « SAMU » expéditif !. Finalement 3 héronneaux sur 10 n’atteignent pas l’âge d’un an.

P Carruette 18 juin 2026 Crédit photo S Bouilland