Une journée de léger vent d’Est ou de sud-est et de ciel clair pourra peut-être encore favoriser quelques autres matinées jusqu’à la mi-novembre. Le gros des bataillons en route vers le sud est formé là aussi par les Pinsons des arbres, jusqu’à 12 à 15.000 oiseaux en une matinée favorable au banc de l’Ilette, au point de vue du Parc du Marquenterre, ou au-dessus des dunes du Crotoy au nord de la baie de Somme ou les dunes de Loarnel en baie de Canche. Les pinsons voyagent en groupe ou parfois isolément et se retrouvent en immense dortoir dans les arbres le soir venu puisque ce sont des migrateurs diurnes stricts. Si nos « pinsons picards » sont sédentaires, ceux qui survolent notre région nous viennent de toute l’Europe du nord. Fin octobre se sont surtout des mâles qui arrivent, jeunes et femelles sont surtout passés à partir de fin septembre et de la première quinzaine d’octobre. Il est vrai que nombre de femelles descendent plus au sud voir jusqu’en Afrique du Nord alors que les mâles sont plus casaniers et veulent garder leur territoire jusqu’au bout et ne pas s’en éloigner trop loin pour revenir les premiers au nord dès février mars revenu. Restes de maïs dans les champs, faînes de hêtres en forêt, graines de pins dans les dunes seront des sources de nourriture abondante où les groupes de pinsons se concentrent pour un temps. Un cri nasillard surprend dans les vols les plus proches des observateurs. Des Pinsons du nord arrivent de la lointaine Norvège. Cette espèce de pinson scandinave ou russe est connu pour ses immenses dortoirs notamment en Suisse ou en Allemagne, certains pouvant atteindre plus de 20 millions d’individus ! Chiffre énorme, mais qui ne doit pas cacher une diminution drastique de cette espèce commune en Norvège. Peut-être en retrouveront en hiver quelques-uns dans nos mangeoires à tournesol dans nos jardins.
P Carruette 31 octobre 2022 crédit photo Ala k