Dans les campagnes, les rondes des passereaux ne sont que diversité. Mésanges de toutes espèces, grimpereaux, roitelets ou pouillot véloce isolé se rassemblent pour une « solidarité alimentaire ». La nourriture est si rare en hiver, la chercher en groupe permet grâce à la multiplication des becs et des yeux de mieux la découvrir. De plus, ces espèces n’entrent guère en concurrence entre elles. A chacun son mode de nourriture : le grimpereau des jardins utilise son bec recourbé pour fouiller les écorces crevassées ; le pouillot véloce et le roitelet, poids plume de moins de 8 grammes vont à l’extrémité des fins rameaux alors que la mésange charbonnière exploite l’étage au-dessous… Il est aussi probable que cette collectivité hivernale permette de mieux résister à la prédation, notamment celle des éperviers d’Europe du Nord venus hiverner chez nous. A la tombée de la nuit, chacun va dormir dans l’endroit qui lui est le plus favorable pour mieux se retrouver au matin. D’autres espèces comme les pinsons vont constituer des dortoirs dans des grands arbres. Les mésanges à longue queue vont dormir en famille bien serrées les unes contre les autres. Tout est fait à vrai dire pour optimiser le taux de survie à une période où les ressources alimentaires ont des densités plus faibles et le temps de recherches pour les espèces diurnes est aussi bien court.
Ph. Carruette – 3 février 2021 – crédit photo K. Büscher