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Allons ,observer les grues.

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Fin octobre début novembre se sera aussi l’occasion d’envisager de passer un week-end plus à l’est de la Picardie, chez nos voisins des grands lacs champenois ou en Brenne pour y observer les grands rassemblements de Grues cendrées. Un des grands spectacles de la nature que l’on peut vraiment apprécier au lac de la Forêt d’Orient près de Troyes et surtout au lac du Der entre Reims et Saint Dizier en Haute Marne et en Brenne. Ces immenses lacs de barrage écrêteurs de crue de la Seine sont mis en assec en fin d’automne. Les vols de Grues cendrées venant d’Allemagne, de Scandinavie, y trouvent d’immenses bancs de terre découverts entourés d’eau, idéals comme halte migratoire et dortoir tranquille, non chassé et non accessible à l’Homme. Au lever du jour, elles repartent vers le sud ou s’éparpillent en petits groupes pour se nourrir dans les champs des restes de maïs, nouvelle culture qui leur a bien profité même si elle a pris hélas la place de nombreuses riches zones de pâturages. En ce moment plus de 20.000 grues sont déjà arrivées au lac du Der, et les vols et arrêts se succèdent au grès des vents favorables à l’est. Le 11 novembre 2014, ce sont 206.582 grues qui se sont reposés sur le lac du Der, un record de stationnement en Europe et un moment unique tant visuel que auditifs avec les cris claironnants des grands échassiers adultes où se mêlent les sifflements languissants des jeunes de l’année. La population européenne tourne autour de 450.000 oiseaux dont plus de la moitié en Europe de l’Ouest en totale expansion (les effectifs ont triplé en 30 ans). La Grue cendrée niche de nouveau en France avec une quinzaine de couples en Lorraine. Le couloir de migration très précis orienté sur 300 km de large entre Ardennes et Pays Basque concerne peu la Picardie. Quelques centaines d’oiseaux passent dans l’Aisne et dans l’Oise notamment dans la vallée inondable de l’Oise entre Thourotte et Guise où quelques vols se reposent quelques jours notamment lors de la migration de printemps en février mars. Mais par vent d’est fort, des vols peuvent être déportés jusque sur le littoral. On se souvient de la journée mémorable du 9 novembre 1982 où un millier de ces grands échassiers protégés se sont reposés à Mons Boubert et sur les sables de la baie de Somme, épuisés, malgré leur vol tout en puissance et une envergure pouvant atteindre 2,30 mètres. Et puis si vous voulez migrer plus au soleil, pendant ses vacances de Toussaint nombre de Grues cendrées vont aussi de plus en plus passer l’hiver en Aquitaine dans les Landes notamment sur la réserve départementale d’Arjuzanx ou sur le terrain militaire de Captieux qui comme tous ces vastes espaces de l’armée sont de remarquables zones de diversité de la vie sauvage.

P Carruette 3 novembre 2022  crédit photo C Choret