Avril nous fait retrouver bien des sensations oubliées par l’hiver. Floréal explose de couleurs en pétales épanouies. Dans les jardins, jonquilles, tulipes ou jacinthes rivalisent de teintes. Leurs homologues sauvages ne sont pas reste avec la chaleur et la lumière revenues pour un temps. Jacinthes des bois en tapis bleu sous les hêtraies sont toujours un moment éphémère à ne pas manquer notamment en forêt de Crécy. En mars vous aviez repéré un sol couvert de feuilles vertes ovales. Merveilleux…du muguet en perspective. Et non, l’ail des ours aux ombelles blanches à 6 pétales en étoile est en fleur. Son odeur est bien caractéristique. Elle est synonyme de terres argileuses et humides riches en humus et souvent indicatrices d’eau souterraine. Attention à bien laver plusieurs fois votre récolte (avec modération) si vous l’utilisez pour des pestos et autres prestations culinaires. Les grands arbres n’ont pas encore leurs feuilles, toute la lumière est donc pour ces petites adeptes du soleil. Certes la floraison est un plaisir des yeux mais c’est d’abord et surtout, ne l’oublions pas, un moyen pour ces plantes de se reproduire. La naissance des fleurs résulte de la transformation de certains bourgeons végétatifs en bourgeons floraux. La longueur de la nuit est primordiale pour certaines comme le chrysanthème qui ne fleurit que quand les nuits ont plus de 12 heures (plante de jour court). A l’inverse bien d’autres plantes fleurissent si le jour dure plus de 24 heures (plante de jour long). Ces paramètres sont immuables. Mais la douceur des températures pré printanières joue aussi un rôle ainsi que l’alternance de froids et de températures élevées qui sont indispensables pour la bonne floraison des plantes à bulbes et des arbres fruitiers. Ainsi avec les modifications climatiques rapides la floraison pour de nombreuses espèces survient 10 à 12 jours plus tôt qu’il y a cinquante ans ! D’où le risque tant redouté des vignerons et arboriculteurs des gelées printanières.
P Carruette 25 avril 2026 Crédit photo S Bouilland