Hélas c’est souvent un cadavre aplati sur une route qui fait soupçonner sa présence. Cela est dû au fait que les jeunes commencent à être plus ou moins indépendants en compagnie de leur mère après quatre semaines d’allaitement. Les mâles circulent aussi beaucoup avec le rut qui court jusqu’en août. De plus, après une période sèche, quelques pluies de soirée favorisent la sortie des limaces, vers et autres invertébrés, proies favorites de l’insectivore à piquants. Si des longévités record de 7 à 10 ans ont été notées dans la nature, l’espérance réelle est plus proche des trois ans. On estime que 20% des jeunes meurent avant même d’avoir quitté le nid et que 60 à 70% des immatures disparaissent avant l’âge d’un an. De plus, durant l’hibernation, tout individu de moins de 400 grammes (un mâle adulte peut peser jusqu’à 1500 grammes) ne pourra pas survivre à son sommeil hivernal. Les 16 000 piquants de cet animal « vieux comme le monde » lui sont vraiment bien inutiles pour sa survie d’aujourd’hui dans notre monde humain. L’espèce subit comme toutes les espèces insectivores liées au milieu rural un déclin considérable dans la majorité des pays européens. On peut légitimement se demander si nos générations futures auront l’occasion de croiser cet insectivore dans leurs promenades !
Ph. Carruette – 10 juillet 2021 crédit photo Here and now, unfortunately, ends my journey on Pixabay