Fin octobre, la saison mue un peu comme les oiseaux. Soir et matin se font plus frais, même les odeurs ne sont plus les mêmes. Des prémices de l’automne se lisent de plus en plus visiblement dans la vie quotidienne de la nature : reprise notable du chant des rouges-gorges, flétrissement de bien des fleurs, arrivée des canards en migration…
Des bandes de petits passereaux jaunes sont arrivés dans les aulnaies des bords de rivières et des vallées humides, ce sont les bien nommés tarins des aulnes. Beaucoup sont originaires de Scandinavie notamment de Norvège mais aussi des pays baltes et d’Europe centrale. Si une grande partie ne font que traverser la région pour gagner le sud-ouest de la France, l’Espagne voire l’Afrique du Nord, des bandes plus ou moins nombreuses selon les années vont hiverner dans nos aulnaies. Comme beaucoup d’espèces de passereaux d’Europe, il peut se produire de véritables irruptions de tarins lors d’années à faibles productivités des arbres en graines comme en 2010. Leur petite taille (14 grammes) et leur bec fin pour un fringille leur permettent de récupérer les petites graines dans les fruits de l’aulne mais aussi celles des conifères. Leurs cris fins de contact, un peu plaintifs les font vite repérer au sommet des arbres. Mais demain ils peuvent être partis sur un autre site où les fruits n’ont pas été encore visités, ce qui implique souvent une faible fidélité des sites d’hivernage. Des oiseaux bagués hivernants en France une année, peuvent hiverner l’année suivante en Espagne ou même en Europe centrale. En février-mars tous ces oiseaux repartiront vers l’Europe du Nord sur les sites de nidification. En France l’espèce niche surtout dans les forêts de montagne.
Crédit photo V. Caron