D’abord les lapereaux depuis quelques semaines, insouciants du danger mais tout de même sensibles au moindre bruit. Puis les renardeaux qui, après des longues joutes au soleil à l’entrée du terrier, attendent le retour de chasse des adultes qui sortent bien en plein jour à cette période d’intenses ravitaillements. Les plus chanceux sont sans nul doute les blaireautins qui à 8 semaines, font leur première sortie en nocturne en compagnie du clan familial. Cela permet d’apprendre beaucoup et de jouer encore plus pendant que les adultes, avec la complicité de la lune, prospectent le moindre vermisseau tout en restant vigilants.
Pour les jeunes oiseaux ou mammifères le contact avec les adultes est essentiel. Les oisillons apprennent la totalité du chant de leur espèce en écoutant leur père et les voisins qui marquent leur territoire à proximité. Les jeunes mammifères découvrent grâce aux adultes toutes les subtilités de la chasse ou de la survie si la vie vous a désigné comme proie. Plus le jeune reste avec les adultes, plus il a des contacts sociaux avec le groupe familial, plus son taux de survie sera élevé. Chez le loup vivant en clan, le taux de développement d’une population équilibrée dépasse les 20% par an. Chez les félins à l’inverse, comme le lynx ou le chat sauvage, le taux de survie des chatons (élevés par leur mère seule) est bien plus faible et l’accroissement de population est des plus lents.
Ph. Carruette – 10 mai 2021- Crédit photo S. Bouilland