osprey-4142730_1920

Le balbuzard de retour

Partager

Le balbuzard s’observe en migration postnuptiale en Picardie. Ce superbe petit aigle (1,50m d’envergure) ne se nourrit que de poissons (on dit qu’il est piscivore). Un grand voilier au dessous très clair qui fait du plané ou un vol sur place au-dessus d’un étang ou d’une ballastière, c’est bien notre rapace pêcheur. Brusquement, il pique, les pattes en avant projetant ses grandes serres recourbées. Le corps pénètre à la moitié dans l’eau dans de spectaculaires éclaboussures. Une perche étincelle dans les serres du balbuzard… la pêche est fructueuse ! Ce n’est pas toujours le cas, notamment quand le vent et le mauvais temps rident la surface de l’eau et rendent la pêche visuelle plus compliquée. Sur notre littoral, il pêche surtout en mer avec comme proie principale le mulet. Le balbuzard pêcheur est, avec le faucon pèlerin, le seul rapace cosmopolite répandu sur tous les continents sauf l’Antarctique, avec environ 30 000 couples dans le monde. Souvent peu farouche et relativement confiant en l’homme, il lui arrive de nicher sur des réverbères ou des poteaux électriques proches de zones très fréquentées en Amérique du nord. Les oiseaux qui traversent la France viennent aussi bien d’Ecosse, de Scandinavie que d’Allemagne orientale au bord de la Baltique ou des étangs intérieurs. Les oiseaux continuent ensuite leur route vers l’Afrique du Nord et de l’Ouest où ils vont hiverner le long des grands fleuves et des deltas. Le balbuzard reste un nicheur rare en France avec une trentaine de couples sur le littoral rocheux corse et autant sur le continent, en forêts d’Orléans et de Chambord, les oiseaux pêchant alors surtout sur la Loire et ses affluents. Un couple s’est installé récemment en Essonne et en Moselle mais depuis son retour en 1984, son développement reste vraiment des plus lents ! En Picardie, des secteurs pourraient s’avérer favorables, notamment dans l’Aisne, pour que des couples s’installent.

 

Ph. Carruette 5 septembre 2020  crédit photo Iain POOLE