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Le grèbe à cou noir

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Comme à son habitude elle cherche le contact avec les colonies de laridés comme protection contre les prédateurs, leur alerte permettant aux grèbes de mettre des algues sur ses œufs avant de quitter le nid et d’aller à l’eau. Les nids sont très proches les uns des autres et formés d’une modeste plateforme de végétaux construits « à la va-vite ». Après une incubation de 22 à 25 jours les poussins sombres à « rayures de pyjamas » passent souvent beaucoup de temps sur le dos des deux parents. Plus que du poisson, la base du régime alimentaire est constituée de têtards, de larves d’insectes aquatiques. Cette notion forte et stimulante de colonie explique sûrement la difficulté d’installation des couples isolés sur d’autres secteurs

Le grèbe à cou noir est peu abondant en France (où il n’est apparu comme nicheur qu’en 1909) avec seulement 1 200 à 2 000 couples en France principalement en Brenne, Dombes et Sologne. Il niche pour la première fois en Picardie en 1983 avec trois couples dans le marais de Rue. Ce sont des sites artificiels comme les bassins de décantation encore en activités ou remarquablement reconvertis comme le site de Grand-Laviers où nichent de nombreux couples, ou de Thumeries dans le Pas-de-Calais qui sont devenus des lieux de nidification importants dans les Hauts-de-France pour ce bel oiseau aux yeux rouges entourés de favoris d’or. 

Chez les grèbes ou les foulques les adultes se partagent les poussins à nourrir. Plus curieusement, on retrouve ce partage des tâches chez des passereaux comme le rouge-queue noir où les jeunes à peine sortis du nid partent soit avec la femelle soit avec le mâle. Cela a au moins le mérite d’une meilleure exploitation du territoire pour la recherche de nourriture et une dispersion plus forte des jeunes qui sont particulièrement vulnérables à la prédation à cet âge. Tout comme pour la majorité des passereaux, c’est souvent bien plus de 50% des jeunes qui n’atteignent pas leur deuxième printemps et probablement encore plus pour cette année noire. A l’heure où l’impact des activités humaines depuis les 50 dernières années a fait inexorablement baisser les densités d’insectes, la nature et les changements climatiques qui accentuent la régularité des conditions météorologiques extrêmes n’arrangent vraiment pas notre biodiversité.  

Ph. Carruette – 15 juin 2021 – Crédit photo S. Bouilland