« Tsiep tsap tsiep tsap », le premier pouillot véloce est de retour fin février en baie de Somme avec le beau temps. Ce petit passereau est peut-être plus connu par son chant simple et facilement mémorisable que par son observation. Autrefois dans les campagnes on l’appelait le compteur d’écus et il annonçait aussi les premières prémices du printemps. Sept grammes de plumes gris jaunâtre, très actif, il n’a rien en effet pour attirer le regard.
A l’inverse de son cousin fitis, il n’est pas un très grand migrateur, nous revenant surtout du bassin méditerranéen européen ou africain. Quelques individus peuvent passer l’hiver dans notre région surtout dans les saulaies des ripisylves. Globalement, les effectifs de cette espèce sont en nette baisse depuis une quinzaine d’années sans que l’on puisse vraiment attribuer cela à une perte d’habitats. Les printemps humides et froids comme celui de 2013 lui sont particulièrement défavorables, le privant des insectes sur les jeunes feuilles et bourgeons.
De plus en plus d’individus hivernent dans les Hauts-de-France dans les zones de ripisylves, les bocages denses ou même les jardins boisés. Les hivers doux ne font que favoriser le taux de survie de ce passereau insectivore et encourager ainsi le développement de cette stratégie d’hivernage plus nordique.
Ph. Carruette – 3 mars 2025 © Waldemar Zielinski