Les pucerons sont tout aussi abondants et amateurs de sève. Ce liquide est très chargé en sucres mais peu en protéines d’où la nécessité pour le puceron effectuant de fréquentes mues d’en consommer beaucoup. Les pucerons ne digèrent qu’une partie des sucres et rejettent par l’anus le reste sous forme d’excréments liquide proche de la texture du miel : le miellat, qui n’est pas perdu pour tout le monde ! Les fourmis viennent le prélever à la source. Elles savent solliciter leurs « vaches à miellat » en tapotant leur dos avec leurs antennes. On peut faire de même avec une pointe de crayon et déclencher l’émission d’une goutte du précieux liquide. Les fourmis ne mangent pas leurs pucerons ; ils les défendent contre les prédateurs et on n’en voit même les transporter sur d’autres plantes. Une vrai transhumance de leur « élevage » !Il n’est donc pas étonnant de voir des colonnes de fourmis grimper le long de vos rosiers ou pêcher quand vous avez des pucerons. Outre leurs mandibules puissantes pour défendre leur cheptel, les fourmis disposent d’un produit redoutable : l’acide formique (dont le dérivé le plus connu est le formol). Les fourmis produisent cette molécule dans des glandes situées dans l’abdomen. Elles peuvent en expulser des microgouttes à plusieurs dizaines de centimètres. Là aussi cette année les pucerons semblent aussi très présents.
P Carruette 7 juin 2026 Crédit photo Llona Ilyés