Ce sont ces milliers de limicoles (du latin limus la vase) venus de toute l’Europe qui volent au ras des vagues entrant dans la baie de Somme ou celle d’Authie. Les plus nombreux sont les Huîtriers pie.
Plus de 7000 individus, arabesques noires et blanches sans cesse en mouvement. Chiffre certes impressionnant mais bien moindre que d’autres années à la même période. (Jusqu’à 12.000 et plus). Les Huîtriers pie sont d’ailleurs les seuls limicoles qui nourrissent leurs poussins pendant plus de 50 jours leur donnant la becquée. Les autres espèces laissent leurs poussins nidifuges se nourrir seuls sous la protection du ou des parents. Si en France les Huîtriers pie ne se nourrissent que sur les zones littorales dans bien d’autres pays nordiques on le retrouve bien mieux à l’intérieur des terres où la base de sa nourriture devient les vers de terre et les larves d’invertébrés dans les prairies. L’ensablement des estuaires limite aussi les ressources alimentaires comme les vers marins, les coquillages qui ne peuvent plus se développer en l’absence de vasières riches en matières organiques. Les juvéniles au bec sombre, à l’œil marron et au collier sont bien différenciables des adultes. L’huîtrier compense en partie cette « mauvaise passe » alimentaire et une reproduction souvent difficile par une longévité remarquable (jusqu’à 35 ans) mais les adultes n’atteignent leur maturité sexuelle qu’entre 4 et 7 ans. La majorité des huîtriers qui hivernent dans les estuaires de la Manche nous viennent des Pays Bas, Belgique, Allemagne. Mais plus qu’à l’automne notre région joue toujours un rôle capital de repli lors des fortes vagues de froid même si elles sont de plus en plus rares mais qui peuvent toujours toucher les estuaires de la Mer du Nord.
P Carruette 12 septembre 2025 Crédit photo S Bouilland