La douceur s’estompe aussi vite que la longueur du jour. Chaque nuit étoilée, ne serait-ce que quelques instants, est exploitée par les vols migratoires des premières grives. Beaucoup d’entre nous sont habitués à voir sautiller une grive musicienne sur la pelouse au printemps. Dès fin septembre et en octobre, nombre de leurs cousines arrivent de Belgique et de Hollande et dans une moindre mesure des îles britanniques.
Les grives musiciennes scandinaves ne font que traverser la Picardie pour se rendre vers le sud-ouest de la France. La Provence va accueillir les grives venant d’Allemagne et de l’est de l’Europe. Pas de frontières strictes certes, mais à chacune son site d’hivernage en fonction de son aire de nidification.
D’autres espèces de grives nous arrivent durant ce mois. Une des plus grosses grives avec la draine, est la grive litorne venant surtout de l’est de l’Europe. La plus petite, la mauvis (de « mauviette »…) venant de Scandinavie et de Sibérie occidentale. Litornes et mauvis sont des plus grégaires. On les retrouve en troupes parfois importantes dans les prairies, champs ou…terrains de football ruraux riches en vers de terre et taupinères ! Le soir, elles se regroupent en dortoir au sommet des grands arbres. Par vents favorables en une uniformité européenne provoquant de bonnes conditions météorologiques peut se produire un véritable « rush » de grives et de pinsons durant la journée surtout sur le littoral mais aussi en certains points à l’intérieur des terres.
De nombreuses grives sont baguées dans toute l’Europe. Si vous en découvrez une portant une bague (ou tout autre oiseau sauvage !) renvoyez surtout la bague ou son numéro inscrit au CRBPO – 55 Rue Buffon – 75005 Paris (avec le lieu et la date de la découverte et la cause de la mortalité).
Ph. Carruette – 15 septembre 2024 – © Didier Aires