Sortie des amphibiens

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Pour les amphibiens, la tiédeur de cette semaine sonne le glas de l’inactivité pour certains. Les tritons ponctués sortent de leur trou pour se diriger lentement mais sûrement vers les points d’eau claire. Sur le littoral se sont surtout les pannes dunaires qui leur servent de lieu de reproduction. Crête sur le dos et franges aux orteils, les mâles en habits de noces sont prêts pour la parade nuptiale. Les Crapauds communs sont aussi de sortie. Pour eux le trajet est souvent plus long. Leur hibernation s’est faite dans un bois ou un champ à l’abri dans un trou de rongeur. La reproduction en milieu aquatique les oblige à rejoindre leur zone humide de naissance. Les mâles se reconnaissent à leur petite taille. Durant les déplacements ils peuvent rencontrer une bien plus volumineuse femelle et sans servir comme « monture » (et plus si « affinité ») jusqu’à la mare de ponte. Arrivée en ce lieu liquide, la femelle va pondre ses centaines d’œufs gélatineux comme aussitôt fécondés à l’extérieur par l’intrépide cavalier. Mais la concurrence est rude et les mâles sont toujours bien plus nombreux, souvent à plusieurs sur le dos d’une belle, où parfois se trompant avec le premier voisin mâle venu. Heureusement, le mâle choisi par erreur émet aussitôt un cri qui signale qu’il n’est pas vraiment le bon choix ! On se souvient tous d’une soirée douce et pluvieuse de mars où des centaines de crapauds circulent sur une portion de route proche de marais. Autant sont aussitôt éclatés en charpie sur le bitume brillant. Il ne fait pas bon alors sortir le samedi soir pour tout ce petit monde. On connaît les mesures prises sur certains secteurs à haute fréquentation « amphibienne ». Des barrières et seaux de récupération, des crapauducs sous les routes sont installés pour prévenir l’hécatombe. Un geste citoyen est aussi à la portée de tous consistant à ralentir pour éviter tant sans faire se peut ces randonneurs prioritaires. Des panneaux « attention crapauds, ralentir » comme celui qui indique le passage des grands mammifères se voient aujourd’hui dans nos campagnes. Les lieux de migration sont aujourd’hui très bien connus dans toutes les régions et bien définis dans le temps même s’il y a quelques variations avec les températures et la pluviométrie. Dans les Vosges ou d’autres départements, certains petits tronçons de voieries sont même fermés quelques nuits par an (avec une déviation…ouf la reine automobile est sauvée !) le temps du rush des crapauds et grenouilles rousses. Cela laisse le temps au crapaud de vieillir (il peut atteindre plus de 15 ans et jusqu’à 36 ans en captivité !) et de perpétuer l’espèce. Une fois la ponte terminée, il est vrai que sa vie sera 100% terrestre, peut être choisira-t-il votre jardin.

P Carruette 7 mars 2026 Crédit photo Kathy Büscher