Stationnement d’oiseaux d’eau

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Le plus spectaculaire reste sûrement les stationnements d’oiseaux d’eau. Vasières, mare, prairies et tout autre sol en assec se retrouvent sous une fine et temporaire pellicule d’eau douce. Les graines de plantes sauvages, les particules végétales se retrouvent à flotter. Voilà un véritable caviar pour les Sarcelles d’hiver, Canards pilets ou Colverts. Des éclosions de larves ont aussi lieu alors que les daphnies sortent de leur claustration dans la vase. Cela peut engendrer des rassemblements de Canards souchets filtrant avec frénésie ces fortes densités de proies. Les lamelles de peau autour du bec en spatule sont d’efficaces tamis pour le zoo ou phytoplancton. Cela tombe bien la grande majorité des individus sont encore en mue et le renouvellement des plumes demandent de l’énergie. Et la plupart des oiseaux stationnant dans notre région nous arrive du nord-est de l’Europe. Si les voyages forment la jeunesse ils demandent aussi beaucoup d’énergie ! Sur le littoral et dans les terres arrière littorale les mouvements de libellules ont été spectaculaires par légers vents de nord est à la fin septembre. Il n’y a exagéré de parler de millions d’individus en vol dans les 15 derniers jours de ce mois. Voyageant souvent accouplés du nord vers le sud, les femelles en profitent pour pondre sur les mares et zones humides que ces tandems survolent préparant au stade œufs puis larves aquatiques la génération future. Ces mouvements spectaculaires s’expliquent par un été et pluvieux favorables aux anisoptères. La grande majorité de ces libellules appartiennent au genre Sympetrum dont les mâles se reconnaissent à leur abdomen rouge. Tous ces champions du voyage finiront néanmoins leur voyage par la mort, les Sympetrum striés, sanguins ou méridinaux n’hivernent pas à l’état adulte.

P Carruette 4 octobre 2024 Crédit photo S Bouilland