Elles sont aussi vieilles que les hérissons puisqu’elles sont apparues il y a 38 millions d’années ! On observe chez la musaraigne musette un comportement burlesque appelé « caravaning ». En cas de danger ou tout simplement lors de déplacements en terres inconnues, les jeunes se déplacent en file indienne conduits par leur mère, accrochés à la queue de celle ou celui qui le précède. Une technique très efficace pour ne pas se perdre.
Une autre espèce est présente aussi dans les jardins boisés, la musaraigne couronnée avec des dents à l’extrémité rouge et l’absence de longs poils sur la queue. Et surprise supplémentaire, on peut aussi rencontrer la musaraigne pygmée. C’est le plus petit mammifère de notre région avec une masse de 5 grammes et une longueur de moins de 70 mm (dont 70% pour la queue !). En raison de sa très faible taille et de son métabolisme élevé, il lui faut absorber chaque jour son propre poids en araignées et autres cloportes. Toutes les musaraignes sont insectivores et ne doivent pas être considérées comme de « vulgaires souris ». Elles sont très utiles et souvent protégées. Avec un peu d’attention, il est facile de les reconnaître à leur museau pointu et mobile, leurs yeux en tête d’épingle et leurs petits cris aigus. Des glandes territoriales et lubrifiantes du poil, placée le long des flancs, donnent à l’animal une odeur âcre repoussant les carnivores. Heureusement les musaraignes sont prolifiques, avec 5 à 8 petits, 3 à 4 fois dans l’année. Il faut bien cela quand on sait qu’une musaraigne musette a une espérance de vie inférieure à 20 mois et à 15 mois pour les musaraignes à dents rouges au métabolisme encore plus « speed. »
Ph. Carruette – 13 juillet 2021 – Crédit photo RPN