Les premiers Hérons pourprés sont de retour avec une observation de 4 oiseaux ensembles survolant le Marquenterre le 7 avril. Rien à voir avec le relativement commun Héron cendré. Il est extrêmement discret et farouche et passe l’hiver en Afrique équatoriale. Les adultes portent des couleurs chaudes d’alliance de roux, noir et gris foncé. En vol il est plus frêle d’aspect que son cousin cendré et les pattes semblent plus longues. Il recherche en priorité les zones de roselières et de bas marais à la riche végétation aquatique où son plumage fait merveille en camouflage. Le Héron pourpré ne niche pas en Picardie ou de manière plus qu’exceptionnelle. Les quelques dizaines d’individus qui passent par notre région au printemps sont les « reliques » de micro colonies aux Pays Bas. L’espèce est en effet en net déclin au niveau européen avec entre 50.000 et 100.000 couples nicheurs dans le sud du continent. Ce grand écart d’effectif est dû avant tout à la connaissance partielle des effectifs russes et turcs. En Europe de l’Ouest seuls 8000 couples se maintiennent dont un peu plus de 2000 couples en France (Camargue, Brenne, Lorraine…). En Camargue , on estime qu’il faut au moins 8 kilomètres carré de marais d’eau douce en roselière pour l’installation d’une petite colonie. Parfois des couples peuvent s’installer dans des saulaies comme en Vendée ou le long de la Garonne. Le déclin de la population européenne peut en partie s’expliquer par la sécheresse et la dégradation des zones humides sur des sites d’hivernage africains.
P Carruette 27 avril 2026 Crédit photo D Gerard