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Des papillons en novembre, c’est possible ?

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Et pourtant avec la douceur des températures on croise encore des vulcains en migration ou des paons du jour qui cherchent à hiverner dans un bâtiment ou même à l’intérieur de votre habitation. Le moment est même venu pour certains papillons nocturnes de prendre leur envol. On voit apparaître ainsi la phalène brumeuse ou arpenteuse tardive (Operophtera brumata), la bien nommée qui sort avec les pluies et brumes automnales. A peine écloses de leur chrysalide, les femelles grimpent le long d’un tronc d’arbre. Il faut dire qu’en plus de leur gros abdomen court et de leurs longues pattes, elles ont aussi des ailes atrophiées qui les empêchent de voler vers les mâles ! Qu’importe, ce sont alors eux, attirés par les phéromones (substance chimique très odorante) des femelles, véritables parcours fléchés olfactifs, qui vont les rejoindre pour l’accouplement. Par paquet de deux ou trois sous l’écorce ou à la base des bourgeons, plus d’une centaine d’œufs seront pondus. Endroit stratégique pour que les chenilles au printemps se délectent des feuilles et des fleurs des arbres fruitiers notamment mais aussi des espèces forestières. Leurs petites chenilles vertes sont bien connues avec leur raie noire sur le dos et des bandes blanches sur les côtés. Fin mai, elles vont descendre jusqu’au sol à l’aide d’un fil de soie. C’est là, au pied des arbres, qu’elles vont se transformer en chrysalide à 10 centimètres de profondeur pour se métamorphoser en papillon à l’automne ! La boucle est bouclée. Heureusement, ces chenilles voraces seront la proie principale des couples de mésanges qui en nourrissent leurs nombreuses nichées. 

Ph Carruette – 1er novembre 2020 – Crédit photo C. Choret