Au fil de l’eau sur les marais et étangs les libellules sont aussi très nombreuses après un retard et de faibles effectifs en avril. L’observation des adultes est aisée. Par contre les larves de libellules sont toutes aquatiques et ont une vie bien plus secrète au fond de l’eau à se nourrir d’insectes. Les libellules appartiennent à l’ordre des Odonates (ce qui signifie mâchoires dentées). En France, quelques 90 espèces se répartissent entre les Zygoptères (demoiselles ou agrions avec lorsqu’elles sont au repos les 4 ailes jointes) et les Anisoptères (à l’abdomen large et les ailes ouvertes aplaties au repos). En cette période on remarque souvent des vols d’individus accouplés (les cœurs copulatoires). Chez le mâle, l’orifice séminal situé sur la face ventrale de l’abdomen est séparé de l’appareil copulateur. De ce fait l’accouplement s’effectue en deux temps. Le mâle replie tout d’abord son abdomen et met en contact l’orifice séminal avec l’organe copulateur afin de l’ensemencer. Dans un deuxième temps, il saisit avec ses pinces anales la femelle derrière la tête. Celle-ci très souple recourbe alors son abdomen vers l’avant et accroche son orifice génital à l’appareil copulateur du mâle. Le sperme est alors (enfin !) transféré ! La femelle va ensuite pondre ses œufs selon les espèces à la surface de l’eau, sur une plante aquatique ou une entaille dans une branche de saule pour l’Anax empereur. Au bout d’un temps très variable, selon la météo, l’espèce, la température de l’eau (de 5 jours à plusieurs semaines… !) surgissent les larves. Ces larves passeront 6 mois à plus de deux ans sous l’eau avant leur métamorphose. Sortant alors de l’eau elles laisseront leur vieille peau de larve (l’exuvie) pour devenir des joyaux ailés témoins souvent de la richesse et de la qualité de nos milieux aquatiques.
P Carruette 31 jullet 2023 crédit photo Winterseitler