La première quinzaine de mai ce sont toujours les forts passages de limicoles comme les chevaliers, Barges rousses, Courlis corlieux, Bécasseaux maubèches qui semblent avoir du retard ou se sont déplacés de manière plus diffuse, même si les vents de sud est leur ont été des plus favorables. Au Parc du Marquenterre, deux Bécasseaux de Temminck sont observés le 5 mai. Ce petit bécasseau aux pattes jaunes est originaire des zones montagneuses de Norvège ou du golfe de Botnie. L’oiseau doit son nom au naturaliste hollandais Jacob Temminck (1778-1858). Il écrira en français de nombreux livres sur les oiseaux et les mammifères, puisque à cette époque notre langue était essentielle pour la pratique et la diffusion des sciences naturelles. Même si les conditions météorologiques étaient favorables chez nous, il est certain que tous ces limicoles vont réagir avant tout aux conditions où ils se tiennent stationnant principalement à cette période sur les estuaires de la façade atlantique. Débat bien ignoré des oiseaux, les discussions et analyses continuent dans le monde scientifique sur l’orientation des oiseaux migrateurs. Si le rôle de la lumière est capital, la détection de l’inclinaison des champs magnétiques est toujours un élément essentiel à préciser, notamment le rôle d’une protéine photoactive : le chryptochrome. Il semble que la présence de cristaux d’oxyde de fer sensibles au champs magnétique dans la rétine ou les zones auriculaires ou nasales. L’utilisation directe de l’odorat, semblent pour l’instant plutôt réfutées…Les mystères de la migration semblent encore avoir de bien longues années de trésors à découvrir d’autant plus que toutes les espèces ne réagissent pas de la même façon et s’adaptent, pour avoir la meilleure solution à cette activité vitale. Comme le disait le célèbre biologiste Wolfgang Wiltschko « Les pigeons sont opportunistes, ils utilisent ce qui les arrange. Ni le magnétisme ni les odeurs ne font tout »
P Carruette 21 mai 2022 crédit photo dpexcel