Le mois de mai en notre terre picarde est aussi bien le temps des nids. Les grands échassiers comme les Spatules, Cigognes blanches, Hérons cendrés ou Grandes aigrettes nourrissent leurs petits dans les Héronnières du parc du Marquenterre, de la basse vallée de l’Authie ou de la Somme. Ces tout jeunes échassiers au duvet blanc ou grisâtre devront rester dans leur donjon près de deux mois avant de prendre leur envol, tout comme les Grands cormorans dans les marais d’Arry ou sur le Marquenterre. Le risque majeur est bien les coups de vent tardifs et meurtriers notamment ceux de juin où les gros jeunes représentent une masse instable sur un nid déjà fragilisé. Les jeunes tombés prématurément du nid sont condamnés à mourir de faim, les parents ne viendront pas les nourrir au sol. Les prédateurs comme les renards voir les sangliers le savent bien en passant régulièrement sous les arbres pour y trouver un repas bien facile. Bien plus près du « plancher des vaches », sur des îlots sans végétation, sternes caugeks au Hable d’Aut, Mouette mélanocéphales ou Rieuses au marais du Crotoy ou à Grand Laviers ont choisi d’élever leurs poussins en de denses colonies dignes de nos crèches bien dynamiques et bruyantes. Grâce justement à sa voix, chaque parent va retrouver sans problème son rejeton au milieu de centaines d’autres. Pour les élégantes Avocettes, nicher en colonie soit, mais hors de question d’y éléver ses petits dès leur naissance. Les poussins sont nidifuges et partent à pattes avec les parents pour trouver eux même les petits invertébrés dans l’eau peu profonde loin des autres échassiers. Et gare au poussin qui s’approche trop près d’une autre famille d’avocette…la « correction maison » des voisins lui fera vite comprendre les règles strictes du monde des avocettes. Grandir à l’état sauvage prépare à une vie libre…mais risquée !
P. Carruette 24 mai 2022 crédit photo .S Bouilland