La mouette rieuse

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En juin dans certains marais s’il y a bien une présence qui ne passe pas inaperçue c’est bien une colonie de Mouettes rieuses. La plus célèbre des mouettes immortalisées par Franquin comme « accompagnatrice » de Gaston Lagaffe ne fait pas dans la discrétion…et dans le bon caractère ! Gage de réussite dans la reproduction les colonies peuvent compter plusieurs centaines de couples dans les habitats favorables. Elles ne s’installent pas au hasard, choisissant les vastes roselières avec radeaux de végétaux flottants ou les zones de touradons. Faute de mieux elles se contentent de digues de barrages comme en Alsace ou d’îlots en ballastière comme en Seine et Marne. Le but est de rechercher des lieux à l’abri des prédateurs terrestres, notamment le renard. Certains couples sur les secteurs où la prédation est forte vont même nicher dans les saules à trois ou quatre mètres de hauteur ! Avec des poussins semi nidicoles la réussite de nicher dans les arbres est alors plutôt compromise…Les colonies d’oiseaux sont très attractives pour le renard ou le sanglier qui peuvent en quelques nuits les anéantir quasi totalement. En d’autres lieux cela peut être les rats surmulots, le vison d’Amérique ou la fouine. Les Corneilles noires convoitent surtout les œufs et les très jeunes poussins. Mais même sans prédateur la mort est omniprésente. Les jeunes mouettes en duvet « camouflage léopard « se déplacent rapidement au sein de la colonie. Mal leur en prend, ils tombent souvent sur un nid voisin dont les propriétaires les accueillent à grands coups de bec. Si le poussin n’est pas protégé par les parents ou ne retrouvent vite son nid, il rencontrera bien d’autres voisins agressifs et finira par être tués. 15 à 20% des jeunes meurent ainsi de cette façon. On se rend compte que plus la colonie est dérangée et stressée par des intrusions de prédateurs régulières par exemple ou la pénurie alimentaire plus les mouettes deviennent agressives entre elles. Certains individus qui ont perdu leur couvée ou nichée deviennent alors très agressives envers les poussins des voisins. Cette année dans notre région les colonies ont beaucoup de retard et à la mi-mai les premiers poussins n’étaient pas encore nés. Les conditions atmosphériques dures d’avril ont fait que les femelles ont mis beaucoup de temps avant de constituer les œufs et de pondre, faute de nourriture. La majorité des oiseaux vont se nourrir d’invertébrés dans les terres agricoles et les prairies bien plus qu’en bord de mer. La Mouette rieuse est avant tout un oiseau d’eau, de grands étangs et de marais plus qu’un oiseau de mer.

P Carruette 1er juin 224 Crédit photo Elsemargriet