Le tarin des aulnes

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Cette année chez les passereaux se sont les Tarins des aulnes qui sont à l’honneur. Leur migration est décelée dès le 26 septembre au Parc du Marquenterre. Ce petit granivore au plumage vert, jaune et noir à la taille d’un petit chardonneret (12 grammes). Lors de ces fortes fréquentations migratrices on parle alors d’irruptions liées à la faible productivité de graines de bouleaux et d’épicéas en Europe du nord. Tous ces tarins nous viennent en effet de Norvège pour notre région (un oiseau de 3 ans bagué à Trondheim contrôlé au Parc du Marquenterre le 20/03/13), Suède, Finlande et des pays baltes pour les oiseaux passant au centre et à l’est de la France. Si nombre d’oiseaux vont hiverner dans notre pays vagabondant au grès des sources de nourriture en graines, les tarins descendent aussi jusque dans l’ensemble de la péninsule ibérique traversant les cols pyrénéens. Leur vol compact et désordonné entre 50 et 60 km/heure est facile à reconnaître avec les gazouillis plaintifs perpétuels qui maintiennent l’unité du groupe pour ces oiseaux très grégaires. Nos dernières grandes invasions datent de 2005, 2007 et 2010 (20.000 oiseaux sur deux mois comptés sur le littoral), et surtout 2019 (plus de 32.000 oiseaux comptés au Banc de l’Ilette et 13.000 à Saint Firmin les Crotoy en deux mois) et 2021. Comme leur nom l’indique ces petits fringilles vont surtout se nourrir sur les aulnes avec leur bec conique et fin à l’extrémité, parfaitement adapté pour décortiquer les strobiles (les fruits de l’aulne ressemblant à de petites pommes de pin) et y extraire les minuscules graines.

P Carruette 22 octobre 2025 Crédit photo Didier Aires