Même dans votre jardin, des oiseaux vont vers la route du nord.
Dès les premiers jours de février, voir fin janvier on peut voir à la mangeoire une recrudescence de Mésanges bleues. Ce sont des oiseaux se déplaçant par petits groupes dont certaines peuvent retrouver leur aire de nidification vers la Baltique, mais aussi au plus près en Flandres belges ou aux Pays Bas. Pour cette espèce migratrice partielle, le changement climatique serait plutôt un avantage qui l’a porterait à la sédentarité.
Eh bien non, ces dernières années les irruptions en nombre de Mésanges ont lieu dans notre région maintenant tous les deux ans, voire chaque année, au lieu des 4 à 5 ans il y 15 ou 20 ans. Un vrai « paradoxe comportemental de la Mésange bleue ». Les hivers doux favorisent la reproduction de plus en plus précoce, et la réalisation d’une deuxième couvée en Europe du Nord notamment les bonnes années de production de faînes. La surdensité des oiseaux provoque alors un stress notamment alimentaire et territorial, qui déclenche un exode vers le sud notamment des juvéniles, et surtout des jeunes femelles plus sensibles à ce stress (les adultes notamment les mâles tiennent coûte que coûte leur territoire. !). Il est possible aussi que certains de ces oiseaux vagabonds restent aussi en France pour y nicher, la Mésange bleue chez nous ne fait que très rarement deux couvées par an à l’inverse de la Mésange charbonnière. Toutes ces récentes modifications d’un oiseau commun de nos jardins sont très étudiées au Parc du Marquenterre notamment par des opérations de baguage intensives de passereaux depuis 30 ans.
P Carruette 23 février 2024 Crédit photo Kurt Bouda