L’abattage des haies et des vieux fruitiers du plateau d’Allenjoie, programmé l’hiver dernier afin de procéder à l’aménagement de la dernière tranche de Technoland II, laisse au sol de nombreuses branches creuses, refuges pour les espèces cavernicoles. Je parviens à en récupérer quelques-unes afin de les aménager pour en faire des nichoirs naturels en les installant dans des endroits propices à certains oiseaux dont le fabuleux torcol fourmilier.
Deux couples s’imposent dès leur retour d’Afrique en avril dans les vergers proches de chez moi. Les oiseaux chantent continuellement du lever au coucher de soleil, me laissant espérer que l’un des nichoirs sera utilisé par un couple. Deux des quatre nichoirs-branches seront finalement occupés, dont un dans mon jardin, à mon grand étonnement. Discrets durant la couvaison, les torcols fourmiliers entreprendront un nourrissage intensif durant une vingtaine de jours avant qu’une dizaine de poussins par nichée ne prennent son envol. Le régime alimentaire spécialisé se compose pour l’essentiel de fourmis, de leurs larves et leurs nymphes. C’est un oiseau fascinant, au plumage assurant un camouflage parfait lorsqu’il se présente sur l’écorce du bois. On le surnomme également l’oiseau reptile. Classé parmi les pics, il ne creuse néanmoins pas de cavité et n’hésite pas à déloger les occupants, pour s’y installer, ce qui fut le cas ici avec un étourneau sansonnet.
Voilà une opération de compensation de l’habitat naturel réussie qui devrait normalement voir les torcols reconduire une nouvelle saison de reproduction l’année prochaine.
Dominique Delfino – 6 juillet 2025