Soudain la quasi-totalité des petits échassiers s’envolent brutalement. Ils ne restent que quelques instants en vol, faisant des arabesques en masse serrée comme un banc de poissons puis se reposent. L’objet du stress est le vol stationnaire d’un jeune Balbuzard pêcheur. La morphologie rapace fait peur à tous, mais aucun n’a réellement à craindre de ce petit aigle totalement piscivore. De leur vol sur place à la manière du Faucon crécerelle, ils repèrent les poissons en surface. Un brusque piqué, une gerbe d’eau, les serres en avant les rapaces essayent de capturer des mulets. Il va aussi se nourrir sur les lagunes d’eau saumâtre du parc du Marquenterre. Mais les captures sont souvent infructueuses pour un juvénile encore peu expérimenté malgré l’abondance des proies ! Ces juvéniles volants depuis peu en Scandinavie ou en Ecosse ont encore beaucoup à apprendre avant de gagner l’Afrique du Nord ou de l’Ouest. Heureusement leur faible masse corporelle et leur aptitude à planer leur font dépenser relativement peu d’énergie pour la pêche. Lassés de leurs échecs, ils vont tenter leur chance en mer à la marée descendante profitant de la baisse de la force du vent et de flots plus calmes. Un spectacle rare et apprécié à sa juste valeur par les nombreux visiteurs du parc du Marquenterre néophytes ou naturalistes chevronnés partageant les mêmes plaisirs des yeux.
P Caruette 27 août 2028 crédit photo Jhonny px