Spectaculaires pêches

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Sur les grands lacs, lagunes saumâtres ou bas marais, les faibles niveaux rendent vulnérables des flottilles de grémilles, épinoches, jeunes mulets nés en masse et évoluant en bancs… C’est l’occasion de spectaculaires pêches collectives. A la manœuvre tout d’abord les grands cormorans qui vont pêcher en profondeur en groupes serrés. Le moyen de défense principal des proies est en priorité de remonter en surface et de gagner des zones peu profondes inexploitables par les courants. C’est l’occasion rêvée pour les grandes aigrettes, aigrettes garzette et hérons cendrés de se précipiter et de harponner ces proies faciles. Ces grands échassiers suivent les déplacements des cormorans voire les précédent pour être toujours les premiers en bordure de berge.

Sur le littoral se rajoutent les spatules blanches qui balaient avec rapidité bec entr’ouvert l’entre deux-eaux. Survolant les flots, mouettes rieuses et goélands cendrés papillonnent et piquent les proies argentées. Cette frénésie alimentaire ne dure guère. Dès que les densités de proies baissent, cette technique ne devient plus rentable pour autant de prédateurs. En s’éparpillant ou en gagnant un couvert de nombreux poissons ont heureusement pu échapper au festin temporaire. Tout prédateur cherche l’abondance et la facilité, pour lui aussi c’est un gain d’énergie, de facilité et de risques limités.

Ph. CARRUETTE – 22 septembre 2023 – © S. BOUILLAND